He Wishes for the Cloths of Heaven
- HAD I the heavens' embroidered cloths,
- Enwrought with the golden and silver light,
- The blue and the dim and the dark cloths
- Of night and light and half-light,
- I would spread the cloths under your feet
- But I, being poor, have only my dreams;
- I have spread my dreams beneath your feet;
- Tread softly because you tread on my dreams...
- William Butler Yeats
Pour ceux qui ne le connaissent pas, voici un grand poème anglais
OZYMANDIAS of EGYPT
I met a traveller from an antique land
Who said:—Two vast and trunkless legs of stone
Stand in the desert. Near them on the sand,
Half sunk, a shatter'd visage lies, whose frown
And wrinkled lip and sneer of cold command
Tell that its sculptor well those passions read
Which yet survive, stamp'd on these lifeless things,
The hand that mock'd them and the heart that fed.
And on the pedestal these words appear:
"My name is Ozymandias, king of kings:
Look on my works, Ye Mighty, and despair!"
Nothing beside remains: round the decay
Of that colossal wreck, boundless and bare,
The lone and level sands stretch far away.
J’ai rencontré un voyageur venu d’une terre antique
Qui disait : « Deux immenses jambes de pierre sans le tronc
Se trouvent dans le désert. Près d’elles, sur le sable,
Sombrant à moitié, un visage brisé est allongé, dont les sourcils sont
froncés,
Et les lèvres plissées, et qui sourit froidement sur commande,
Ce qui montre que son sculpteur a bien compris ces passions,
Dont survivent encore, empreintes sur ces choses sans vie,
La main qui s'est moquée d'elles et le cœur qui les a nourrit,
Et sur le piédestal ces mots apparaissent :
'Mon nom est Ozymandias, Roi des Rois :
Contemplez mes œuvres, Ô vous les puissants, et désespérez !'
Rien à côté ne reste. Autour de la décomposition
De cette colossale épave, illimitée et nue,
Seul les sables plats s'étirent au loin. »
Aujourd'hui, l'on voit beaucoup de blogueurs présenter leur vision, avec une diffusion mondiale. Beaucoup de gens utilisent leurs vastes lectures pour commenter le monde, en dehors des sentiers battus. Je comprends que les éditorialistes, "les éditocrates", se plaignent du net.
Ils ont perdu le monopole du parler sur tout et sur rien, tout en faisant avancer une idéologie masquée. Cette idéologie est dénoncée par tous ces blogs,elle est davantage mise en lumière, et comme pour les vampires, la lumière tue.
Leur avantage concurrentiel initial, composé d'une grande capacité de recueillir des données, de piller d'autres livres, de faire travailler d'autres, et de mouliner le tout à leur sauce, s'est fortement réduit.Ce syncrétisme sans compétence réelle des sujets, cette possibilité d'utiliser les travaux des autres pour illustrer ses thèses est désormais à la portée de tous, étant donné la vastitude du net,
En bref, tout le monde peut raconter des histoires illustrées par tout un tas de connaissances piochées sur le net, et se fabriquer sa vision du monde, tout aussi crédible que la leur, et même plus sincère, parce qu'elle n'est pas au service des marchands d'armes, ou d'intérêts financiers. Leur travail est parfois bien plus réel, et ne se contente pas d'exposer des préjugés intéressés.
Ce qu'ils ne supportent pas, c'est d'être devenus de banals blogueurs en fait. Et surtout de voir arriver des gens non estampillés par les réseaux médiatiques, et les grandes écoles. Des dominés du système, non reconnus par l'académisme scolaire, disposent désormais d'une grande capacité d'accès aux infos, et de diffusion
Des gens qui autrefois n'auraient pas disposé d'un autre public que celui d'un bar, peuvent être entendus au bout du monde. On peut devenir un journaliste de son temps, sans être pris par le système.
C'est ce qu'illustrent les blogs de Sebmusset et Patrick Reymond.
C'est malgré tout une chanson très agréable, inspirée par le philosophe Raphaël Enthoven, même si la lumière s'est trop focalisée sur la chanteuse, au point que l'on en oublie comme son premier album, chantée avec une voix digne de Jane Birki ou Françoise Hardy, fut quand même une révélation. Cela prouve qu'il ne faut pas préjuger des choses, et le retour de la femme objet, honni dans les années 70, modèle dans les 80", n'est peut-être pas à prendre au pied de la lettre.
Les années 80 furent le contrepoint des années 70. Ce que les années 70 ont cru subvertir par la révolution, les années 80 l'ont fait par l'insignifiance. Les années 70 se sont voulues authentiques, les années 80 ont érigé l'artificiel en idéal. Les cheveux étaient longs, ils devinrent courts et teintés de couleurs fluo. Eurythmics représentait la féminité androgyne de l'époque, et "Actuel", qui à la manière du net actuel pouvait monter tout fait en épingle, fut son journal. Ces années 80 ont professé les antivaleurs de la décennie précédente : le travail comme une drogue et la bourse comme un but. Les boites furent les temples de ces années là, parce qu'elles sélectionnaient sur "le look", cette manière de croire que l'habit est le moine., .Tapie et ses fausses valeurs fut son gourou, après que Montand échoua pour s'être fait payer cher pour dire que les smicards gagnaient trop d'argent. Le SIDA ferma la porte de la décennie précédente, définitivement. Elles furent les années d'une certaine ivresse, de la fête, du fric, du tape à l'œil, le bécébégé et le rallye devinrent un modèle pour la société, ce qui était ranci en 70 devint "in" et fit l'objet de manuels de savoir-vivre. J'eus vingt ans dans ces années là, et ce fut quelque chose de funèbre. Ce fut une époque dont nous portons la gueule de bois aujourd'hui.
Avez-vous remarqué qu'aucun journal ne titre jamais 'l'immobilier s'effondre' mais 'c'est le bon moment pour acheter', et non plus 'spéculations sur l'immobilier' mais 'achetez avant que les prix ne s'envolent'. Quel est le pouvoir réel des spéculateurs de l'immobilier, et comment s'y prennent-ils pour acheter les journaux afin que le message soit toujours positif ? Un news ne représente pas une masse financière importante pour une grande entreprise, il peut aisément être acquis pour servir de matériel de propagande. Ces titres ne vous créent-ils pas un malaise comme la couverture médiatique de la guerre du Golfe ?La vraie propagande est celle qui ne se voit pas. C'est le cas pour l'immobilier. Songez au scandale du Crédit Lyonnais et à l'argent public qui a servi à soutenir la spéculation : certains ont pu emprunter sans aucun fonds de quoi acheter des immeubles plus le bénéfice spéculatif anticipé. Les journaux sont-ils libres ? le message est si ridiculement optimiste et sans critique que l'on peut en douter !
The Soul of the Rose, John William Waterhouse, 1908 « La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur, - Un rond de danse et de douceur, - Auréole du temps, berceau nocturne et sûr, - Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu - C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu. » Eugène Emile Paul Grindel, dit Paul Eluard, Capitale de la douleur(1926), « La courbe de tes yeux... »
